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Ce que font les apprenants avec un document compte souvent plus que le document lui-même.

Activité de compréhension « clé sur porte » : un exemple typique… et perfectible

Σύνοψη

Το άρθρο αυτό αναλύει κριτικά μια «έτοιμη προς χρήση» δραστηριότητα κατανόησης που κυκλοφορεί στα κοινωνικά δίκτυα, αναδεικνύοντας τα όρια μιας σχολικής προσέγγισης. Προτείνει μια απλή μετατόπιση προς τη δράση και τη διαμεσολάβηση, ώστε η κατανόηση να αποκτά νόημα και παιδαγωγική αξία για τους μαθητές.

Συντεταγμένη με τη βοήθεια τεχνητής νοημοσύνης.

Une activité pédagogique n’est jamais « finie » : elle peut toujours être repensée, déplacée, enrichie.

À partir d’une activité de compréhension largement diffusée sur les réseaux sociaux, cet article interroge une conception encore très scolaire des tâches de lecture en FLE et montre comment un simple déplacement vers l’action et la médiation peut en transformer profondément le sens pédagogique.

Exemple typique d’activité de compréhension « clé sur porte », empruntée à la page Bien écrire sur Facebook, qui met à disposition des enseignants des supports soignés et immédiatement exploitables :

Voici ma lecture critique.

Commençons par le positif – les félicitations d’usage, mais sincères : la mise en page est soignée, claire, ergonomique. Le thème est actuel, immédiatement reconnaissable et a priori fait sens pour un public d’ados.

Mais plusieurs points posent problème.

Il ne s’agit pas d’un document authentique. On nous précise d’ailleurs qu’il est « adapté » – adaptation iconique et textuelle comprise. Ce n’est évidemment pas un péché en soi, mais cela devrait être clairement assumé dans la démarche didactique.

Deuxième point problématique : la consigne ne précise pas la langue dans laquelle les réponses seront formulées. S’agira-t-il de la langue première ? de la langue à apprendre ? Cette information, pourtant essentielle en didactique des langues, est absente.

Plus fondamental encore : aucune place n’est laissée à une compréhension globale préalable – celle qui permet aux apprenants de répondre aux questions de base :

- qui parle (le locuteur) ?
- à qui (l’allocutaire) ?
- de quoi / de qui parle-t-on (le référent) ?
- que fait le locuteur (informer, convaincre, expliquer…) ?
- de quel genre de texte s’agit-il ? selon quelles normes reconnaît-on ce genre ?

Ici, ce sont les premières questions de compréhension fine qui répondent à la place des apprenants à ces questions de compréhension globale : on parle d’influenceurs, on explique pourquoi on leur fait confiance, on demande de citer un exemple d’influence positive, on suggère l’attitude à adopter face à leurs contenus…

Autrement dit, ce qu’il aurait peut-être fallu comprendre est déjà largement révélé par les questions elles-mêmes.
C’est dommage. Personne n’aborde un texte « à froid » sans d’abord tenter d’en identifier la nature, l’intention, la source et la pertinence pour soi.

À cela s’ajoute un problème de motivation.
Les premières questions – introduites par un très scolaire « Répondez aux questions » – ne donnent guère envie d’y répondre. Elles ne sont ni contextualisées ni justifiées : pourquoi répondre à ces questions ? pour faire quoi ?

Le second jeu de questions, sous forme de Vrai/Faux, n’est guère plus convaincant. On peut y répondre sans avoir lu le texte, tant les réponses sont évidentes.
Et si, par extraordinaire, un lecteur hésitait sur la quatrième question, il lui suffirait de relire l’énoncé de la troisième question du premier exercice pour deviner qu’il y a « probablement des effets positifs et négatifs ».

Facile de critiquer, dira-t-on.

Moins facile d’améliorer.
Et pourtant.

Il est en réalité très simple de transformer cette activité scolaire, peu engageante, en une activité réellement motivante. Il suffit de la plonger dans une situation de communication qui rende la compréhension nécessaire.
C’est ici que l’activité langagière de médiation devient précieuse. Par exemple :

Vous décidez d’expliquer à votre ami Karim ce que vous pensez sincèrement des influenceurs. Quel sera le texte du courriel que vous lui enverrez ? Vous pouvez puiser vos idées dans ce document trouvé sur le Web.
[reproduction la plus fidèle possible du document original]

Certes, cet ami prénommé Karim est probablement fictif. Allons donc plus loin, dans une logique pleinement actionnelle  :

Formez des groupes de quatre. Vous alimentez un magazine en ligne, en français, réalisé en collaboration avec des élèves belges de l’école X. Aujourd’hui, vous leur parlez des influenceurs : vous expliquez ce que vous en pensez et vous leur donnez quelques conseils.
Voici deux documents pour nourrir votre réflexion :
- le document écrit
- un TikTok d’influenceur ou d’influenceuse

Le TikTok joue ici le rôle d’enclencheur motivationnel.
Le document écrit fournit le bagage lexico-sémantique et morphosyntaxique nécessaire.

Et la pédagogie tristement scolaire devient une pédagogie de projet, clairement plus constructiviste.

N’oublions pas enfin – puisque nous entrons de plain-pied dans les théories de l’apprentissage – que la médiation d’idées oblige les apprenants à comprendre le texte, certes partiellement, mais dans une mesure qui a du sens.

Elle les amène aussi à réutiliser des réalisations discursives (lexique, structures, organisation du discours), ce qui favorise fortement la mémorisation de ces dernières.

D’une pierre – l’activité de médiation – deux coups : compréhension et production/mémorisation.

CQFD : toute activité – les miennes comprises – est perfectible.

C’est précisément pour cela qu’il y a des professeurs.


Cette analyse ne vise ni les personnes ni les initiatives, mais une certaine manière, encore très répandue, de concevoir des activités de compréhension en langues. Les ressources existent, le travail est réel ; reste à leur donner un cadre didactique qui fasse réellement sens pour les apprenants.


Professionnel de l’enseignement supérieur avec plus de 35 ans d’expérience en linguistique, expert en méthodologie d’enseignement des langues et évaluation des compétences. …

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